Dans la vie de chaque être humain arrive un moment ou il sent que tout ce qu’il a appris ne réside pas seulement
dans les contours des mots, mais que grâce à ses sentiments, il sait déjà lui- même décrypter le sens de chaque
signe.
Et s’il a dans cet instant conscience de sa destinée, de sa mission, il comprend qu’il est capable de construire
et détruire. Et dorénavant, il n’existera plus rien qui puisse interrompre son rituel. Car ni la naissance,
ni la mort n’ébranleront la continuité éternelle de notre existence.
Nous créons le monde que nous voyons de nos propres yeux ,qui est le prolongement d’un geste de la main
de notre Mère, d’un sourire de Grand-mère, immuable en robe bleu-ciel devant une grande maison blanche.
Tous ces moments, tous ces instants vécus par nos générations sont enfermés en nous comme dans cage
d’éternité.
Et lorsque j’ouvre la porte de la maison ,s’échappent des personnages bibliques, ceux de la victoire et de la
défaite de mes aïeux qui demeurent en moi ; la lutte du bien avec le mal ,comme essence de notre existence,
symboles de la foi
et de son abandon, idées entrecroisées jusqu’à l’effacement de leur sens originel ; le monde des personnages
lyriques
et grotesques qui m’entourent jovialement repoussants, se tapissant secrètement , guettant la moindre de mes
erreurs;
et le monde du silence qui m’envahit après avoir couvert la toile de signes et de couleurs ; et cette foi immense
qui me pénètre de plus en plus véhémente en ma destinée ,et le désir de fixer, d’inscrire mes visions dans la mémoire.
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